23 juillet 2012

L'argument circulaire... faut-il en avoir peur ?

La semaine recommence, et c'est le moment de vérifier qu'on réfléchit correctement : vidons nos greniers cérébraux de ces faux raisonnements qui y trainent depuis trop longtemps !

Aujourd'hui, c'est particulier. La charte de la logique indique que les raisonnements circulaires sont à bannir de nos réflexions. Mais le peut-on vraiment ?

Un raisonnement circulaire, c'est un raisonnement qui contient sa conclusion dans son énoncé de base. Par exemple : Je ne mens jamais, et la preuve, c'est que je le dis. Dans l'énoncé "Je ne mens jamais...", on présuppose déjà qu'on dit la vérité. Plus explicitement exprimé, cela donne : Si je suis honnête, alors je suis honnête. Aucun intérêt, et surtout, ça ne convainc personne.

Seulement... on commence tous par là. Tout système de croyance, de réflexion, de raisonnement, est fondé sur un raisonnement circulaire, un postulat. On ne s'en rend généralement pas compte parce qu'on ne creuse pas si loin, mais on serait bien en mal de justifier entièrement tout ce qu'on croit en remontant jusqu'à l'origine.

Et si vous n'êtes pas d'accord, prouvez-moi par A+B que vous avez un libre arbitre. Ou que vous existez, tout simplement.

Alors, disons qu'il faut se méfier des raisonnements circulaires. Il faut les évaluer avec deux questions :

1. Sont-ils cohérents en interne ? Autrement dit, contiennent-ils ou non des contradictions logiques ?
2. Sont-ils cohérents en externe ? Autrement dit, correspondent-ils à la réalité ?

Et au cas où ils ne seraient apparemment pas cohérents avec la réalité, il faut aller plus loin et se demander s'ils expliquent leurs incohérences avec la réalité. Par exemple, beaucoup de gens rejettent le christianisme à cause du mauvais exemple des chrétiens. Autrement dit, le christianisme serait faux puisque les chrétiens ne correspondent pas, dans la réalité, à l'exemple de Jésus.

C'est compréhensible, mais c'est un raisonnement invalide, puisque selon Jésus-Christ, l'homme aime profondément le mal et le fait de devenir chrétien ne le libère pas instantanément et complètement de cette perversion - d'où sa tendance, même une fois converti, à se comporter mal. Ainsi l'enseignement de Jésus correspond à la réalité : les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres, mais ils doivent le reconnaître et se pardonner leurs fautes les uns aux autres.

Allez, bon lundi !


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